Fragment de mémoire

lundi, novembre 23, 2009


On me dépose au porte de la ville nouvelle, le décor ici est différent de là où j’étais : en marge de la ville des bâtisses blanches dépourvues d’âmes et perdues au milieu des champs.
Une brize légère et rafraichissante me souhaite la bienvenue dans la civilisation. Rien ne presse, je vais prendre mon temps, je vais me faire plaisir, je vais marcher.
Laissant de côté le chemin du grand boulevard, je ne sais pourquoi je bifurque vers la médina, comme si on m’entrainait de force dedans. Je n’ai plus d’emprise sur mes pats, on dirait qu’ils connaissent leur chemin, je laisse faire alors, je m’abandonne à d’autres distractions. Aux portes de la médina je fus englouti par la foule, mais je ne suis pas impressionné pour autant. Je prends le temps d’admirer le panorama, des sons, des visages des senteurs, je ne peux pas m’empêcher de penser à la teneur historique de l’endroit mais je m’efforce à se focaliser sur l’instant, à le savourer. Ce qui me frappe toujours c’est les traits des gens, leurs expressions faciales. J’ai cette fâcheuse habitude de les regarder droit dans les yeux, de les fixer. Je cherche à les lire, je cherche à les comprendre peut être, ou peut être bien que je me cherche moi-même, qui sait ?
Je me laisse emporter par le jeu de pistes et de raccourcis, à chaque tournant de ruelle son lot de surprises et de découvertes. Après une bonne heure de déambulation, une soif de liberté et de grands espaces me saisi. Comme un possédé je me cherche une brèche. Je tombe sur une porte derrière laquelle l’océan s’offre en spectacle. Une fois la porte passée, je reste fixé dans mon coin, le spectacle est de taille, la grandeur de l’océan m’enveloppe, je me perds dedans.
Revenu à moi je me surprends sur un rocher millénaire, très haut, que le temps a dégarni dévoilant les restes d’un cimetière phénicien. Aujourd’hui ce n’est qu’un endroit où naissent ou meurent des rêves. Ceux des gens que je surprends dispersés à mes côtés et mes rêves à moi aussi…..
Avec le regard porté aussi loin vers l’horizon j’aurais souhaité que le temps s’arrête, que le rêve se prolonge, mais une petite voix dans ma tête me dit non, ce n’est pas possible, il faut laisser le temps filer, son temps il faut le vivre.
Je remplis mes poumons d’air frais du littoral et je reviens sur mes pats, je reviens à la réalité,
je reviens vers la foule,
je reviens à la vie….

4 commentaires:

мσнη∂ιš a dit…

ولد عمي مروان
عواشرك مبروكة

Memed a dit…

Très impressionant récit, je voulais juste savoir s'il s'agit de Rabat ou Tanger (vu la photo bab el b'har), en fait la vie elle est dans ce que tu décrits, tu dis je reviens à la vie, alors moi je dis tu y étais déjà.

dahraoui a dit…

Ould khalti c'est beau j'apprécie beaucoup, et je me demande qu'est ce que tu cherches et pourquoi le titre fragment de mémoire? je pense que tu nous a partagé un petit moment de solitude et de réflexion que nous aurions tous aimés d'avoir.
Mabrouk l'aid et dima brize

3az3ouza a dit…

@Mohndiss: htta nta beddelti lo smeyya? Rah semmato mamah Radouane

@Radouane: Hmmm, un retour sur la blogoma.. un voyage interne .. khassa chi glissa pr éclaircir tout cela :)